Recrutement et formation des PLP

Vers une nouvelle formation initiale des PLP.

Une réforme qui reproduit les conceptions libérales du MEN.


Formation : la réforme des masters MEEF.

Pour améliorer la formation des enseignants, le ministère déplace les concours en fin de M2. Par ailleurs, il modifie les épreuves et leurs contenus plus « professionnels ».

Dans le même temps, il impose de modifier les contenus et l’organisation de la formation. Les injonctions du ministère concernent principalement maquettes de master, organisation des stages, nature des équipes de formation.

Les contenus du master MEEF doivent ainsi être resserrés sur des « fondamentaux ». Ils sont définis par le MEN et obéir à une ventilation horaire incompréhensible. C’est l’occasion de réduire encore les volumes de formation et d’imposer une vision utilitariste de la formation. Formation que le ministère conçoit comme la diffusion de « bonnes pratiques » identifiées par une « recherche » officielle. Le MEN tente ainsi de détruire la dimension critique et émancipatrice du master.

Dans ce contexte, la place du « terrain » reste prépondérante. Avec, avant  le  concours, un stage de six semaines d’observation et douze semaines de pleine responsabilité de classe. C’est une forme d’alternance pour ceux qui en auront fait la demande … et qui auront été sélectionnés par l’employeur.

Les étudiants seront rapidement seuls.

dans la classe avec leurs élèves, en tant que contractuels sous-payés. De facto, le MEN va utiliser des étudiants qui n’ont pas passé le concours comme moyen d’enseignement. L’impact sur le mouvement des personnels, la qualité de la formation et les capacités d’accueil des masters MEEF, sont passés sous silence. Celles-ci dépendent du nombre de berceaux de stage offerts par le rectorat dans chaque académie.


La « réforme » du concours et de la formation des PLP.

Dans le cadre de la réforme de la formation, le MEN a modifié le niveau de qualification requis pour passer le concours, mais aussi les épreuves de concours. Il y a une volonté d’uniformisation des différents concours dans le second degré, mais aussi la volonté de valoriser les étudiants ayant eu un parcours MEEF alternants.

Les concours de PLP se décomposent ainsi :

  • deux écrits d’admissibilité, coefficient 2 chacun, vérifiant la maîtrise des savoirs disciplinaires ;
  • trois oraux d’admission dont un oral de leçon, coefficient 5, qui consistera à concevoir et animer une séance de cours. Le jury vérifiera la maîtrise disciplinaire, les compétences pédagogiques, didactiques et éventuellement pratiques pour les disciplines artistiques ;
  • un oral appelé oral d’entretien, coefficient 3.

Des formateurs remplaçables à tout moment.

L’arrêté impose que les équipes assurant la formation des enseignants soient constituées pour au moins un tiers du potentiel d’heures d’enseignement de professeurs. Plus précisément, de personnels exerçant en établissement. Privilégiant ainsi les détenteurs de fonctions de « professeur formateur académique. »

Des personnels choisis par l’employeur pour diffuser «la bonne parole» et remplaçables à tout moment ?
La question centrale est celle de la place des «professionnels» dans le master. Mais également de son attractivité et de sa reconnaissance. Y compris en termes de décharges de temps de service et de compensations financières.
Il est impossible de construire des collectifs de travail sans que soient identifiés et reconnus des temps d’articulation, de co-construction d’équipe.
Or, aujourd’hui, la formation est souvent réduite à n’être qu’une juxtaposition formelle de personnels de différents statuts, ruinant le principe même du collectif de travail, qui n’a plus rien d’organique, et affaiblissant la cohérence et l’efficacité d’une formation de niveau master.

Développement de la précarité à l’entrée dans le métier.

Pour le SNETAA-FO, la réforme de la formation des enseignants ne va faire que renforcer la précarisation de l’entrée dans les métiers de l’éducation. Pour les étudiants, d’abord, qui devront poursuivre leurs études en master, tout en ayant une ou des classes en responsabilité.
Précarité financière : 900 euros net pour un AED pré-professionnalisé en master et 850 euros brut pour un étudiant de master en alternance, ce n’est clairement pas suffisant au regard de la charge de travail engendrée par la préparation des cours, du master et du concours.
Précarité du statut : ces contrats ne garantissent pas l’avenir de ces jeunes.
Le recours accru à des précaires et le passage des lauréats issus de master MEEF à temps plein sont des moyens pour le ministère de baisser les postes aux concours.
Le Ministre décale le concours en M2, mais quel financement propose-t-il aux actuels étudiants de L3, qui passeront le concours en 2023 ?
Aucun ! Pour le SNETAA-FO, ce n’est pas ainsi que l’on rendra à nouveau attractifs les métiers de l’éducation.

Ce que nous voulons pour la formation initiale

Pour endiguer la crise de recrutement que connaissent nos métiers, renforcer la formation des futurs enseignants et répondre aux besoins de tous les élèves, le SNETAA-FO revendique des prérecrutements massifs dès la L1 et à tous les niveaux du cursus universitaire, sous statut d’élève-professeur. Pour qu’ils se consacrent exclusivement à leur formation et leur réussite, aucune contrepartie ne doit être exigée des étudiants prérecrutés, à l’exclusion d’un engagement à servir après leur titularisation.

Le SNETAA-FO défend une formation intégrant progressivement les dimensions scientifiques et professionnelles (savoirs à enseigner, savoirs pour enseigner), théoriques, didactiques et pratiques, ancrées dans la recherche. Le terrain est un des éléments essentiels de la formation initiale, mais le SNETAA-FO s’oppose à la mise responsabilité systématique des étudiants pendant leurs stages d’études.

1 – Après l’obtention du concours,

l’année des fonctionnaires-stagiaires doit permettre une prise en responsabilité progressive de la classe ou des classes du tuteur, sur un tiers de service. Le reste du temps est consacré au retour réflexif sur les pratiques et le travail personnel (construction des cours, discussions et observation du tuteur) et à la formation en INSPE.

La formation doit être adaptée aux parcours antérieurs des lauréats de concours.

Quelles conséquences sur l’organisation des établissements, sur la vie des équipes et leurs conditions de travail, sur les apprentissages des élèves ?

2 – Après la titularisation,

l’entrée progressive dans le métier et la formation doivent se poursuivre avec un allégement du temps de service : les néo-titulaires effectuent un mi-temps la première année puis 2/3 temps la deuxième année, ce qui permet des temps de formation répondant à leurs attentes et à leurs besoins.

 

Conclusion

Selon un schéma classique à l’Education nationale, la réforme accouche de mesures qui laissent apparaitre les conceptions (libérales) du ministre en matière d’éducation et de formation. Développement de la précarité à l’entrée dans le métier, des formateurs remplaçables à tout moment, statut précaire des stagiaires, les conséquences de la réforme vont loin et sont explosives.
JM Blanquer devrait avoir le courage d’expliciter quels sont les vrais enjeux de sa réforme et cibler ce qu’il veut véritablement mettre en place. Il faudrait savoir, une fois pour toute, appeler un chat, « un chat » !

Bonne lecture, merci de votre fidélité, et n’hésitez pas à faire connaître notre lettre quotidienne autour de vous.


 

snetaa.org

Par ailleurs, la sélection des candidatures est faite pour la première fois dans l’opacité. Enfin, sur l’ensemble des opérations de mutation on constate une chute des candidatures.

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D’ailleurs, cela représente une centaine de demandes de moins que l’an dernier. Tout d’abord, le phénomène s’explique par la crise sanitaire. Enfin, on peut consulter le compte-rendu. Par ailleurs, les CAP sont dessaisies de toutes les opérations de carrière.

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Enfin, on peut consulter le compte-rendu. Par ailleurs,  les CAP ne gèrent plus les opérations de carrière. Enfin, on peut consulter le compte-rendu. Par contre, le Vice-recteur ne déroge à la LTFP. Par ailleurs, la sélection des candidatures est faite dans une complète opacité.

formation des PLP

Enfin, sur les opérations de mutation nous constatons une chute des candidatures.

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Tout d’abord, le premier droit des personnels est le respect par l’employeur de ses obligations réglementaires ! En effet, tout employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé des personnels sous sa responsabilité.

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