Une sociĂ©tĂ© oĂč l’on ne sait plus parler finit par frapper

Quatre homicides en un mois. Des conflits ordinaires qui basculent dans l’irrĂ©parable. DerriĂšre les faits divers, une question dĂ©rangeante Ă©merge en Nouvelle-CalĂ©donie : que devient une sociĂ©tĂ© lorsque les mots ne suffisent plus Ă  contenir la violence ?

Violences scolaires : l’autoritĂ© est d’abord un cadre

On nous parle de « climat scolaire ». Nous, on vit des menaces. On nous parle de « bienveillance ». Nous, on encaisse des insultes, des pressions, des coups parfois. On nous demande d’ĂȘtre « apaisants ». Comme si la violence se rĂ©glait par le ton de voix.
Comme si l’autoritĂ© Ă©tait une attitude. Alors que l’autoritĂ© est d’abord un cadre, et un cadre doit ĂȘtre soutenu.

Légalité / Légitimité : la République ne tient pas au ressenti

Une rĂšgle peut ĂȘtre contestĂ©e. Elle peut mĂȘme ĂȘtre changĂ©e. Mais quand chacun remplace le droit par son ressenti, ce n’est pas la libertĂ© qui gagne : c’est le rapport de force.

L’universalisme protùge / Le communautarisme enferme

L’universalisme, ce n’est pas nier les diffĂ©rences. C’est refuser qu’elles deviennent des frontiĂšres. Le communautarisme, lui, fait l’inverse : il commence par protĂ©ger
 et finit par enfermer. Quand on remplace le citoyen par le membre d’un groupe, la RĂ©publique recule.

La guerre informationnelle n’est pas une thĂ©orie

On croit encore que la guerre se fait avec des chars. Erreur. Aujourd’hui, la guerre se fait avec des rĂ©cits. Caroline Fourest le dit : « le champ de bataille, ce sont les rĂ©seaux. LĂ  oĂč le mensonge va plus vite que les faits, et oĂč l’indignation sert de carburant. » La guerre informationnelle, ce n’est pas une thĂ©orie. C’est une stratĂ©gie. On ne nĂ©gocie pas avec la propagande. On la dĂ©monte.

Quand le mensonge gouverne, la liberté recule

On nous dit souvent : « la politique, ça ne nous regarde pas ». Mais quand la dĂ©mocratie vacille, quand la vĂ©ritĂ© est piĂ©tinĂ©e, quand le pouvoir gouverne par l’intimidation, c’est le travailleur qui paie. Et l’enseignant aussi.

Newsletter du 17 mai 2026

Cette semaine encore, le SNETAA-FO Nouvelle-CalĂ©donie a poursuivi son travail d’analyse, d’alerte et de dĂ©fense des personnels Ă  travers plusieurs Ă©ditos consacrĂ©s Ă  la culture, Ă  l’esprit critique, Ă  la dĂ©mocratie et Ă  l’avenir de l’École. Dans un contexte oĂč les tensions sociales, les manipulations de l’information et les fragilitĂ©s institutionnelles se multiplient, il devient plus que jamais nĂ©cessaire de rappeler le rĂŽle fondamental d’une Ă©cole exigeante, Ă©clairĂ©e et Ă©mancipatrice.

Fake news : la Finlande forme des citoyens

La dĂ©sinformation n’est plus un accident. C’est un marchĂ©, une arme, une industrie. Et face Ă  une industrie, la France oppose trop souvent un rĂ©flexe : l’incantation. Pendant ce temps, d’autres pays ont compris que l’esprit critique ne se dĂ©crĂšte pas, il s’enseigne.

FO — le syndicalisme n’est pas là pour flatter

Dans l’Éducation nationale comme ailleurs, ceux qui font tourner la boutique ne sont pas toujours ceux qui dĂ©cident. Les enseignants enseignent, les AESH accompagnent, les personnels de vie scolaire tiennent, les agents font vivre les Ă©tablissements.

Il y a deux ans … les Ă©coles ont dĂ» fermer

Il y a deux ans, dans la nuit du 13 au 14 mai 2024, NoumĂ©a et le Grand NoumĂ©a basculaient : incendies, pillages, barrages, tirs, affrontements. Le lendemain, le 14 mai, les Ă©coles fermaient. L’État instaurait un couvre-feu. Ce soir-lĂ , une chose a Ă©tĂ© frappante : la violence Ă©tait visible. L’abandon institutionnel aussi. Ce que certains ont dĂ©jĂ  oubliĂ©, nous, personnels, nous l’avons vĂ©cu dans nos corps.